Né en 1929, Gérard de Villiers commence au début des années cinquante une carrière de journaliste. Il travaille principalement à France-Dimanche, qu’il quitte fin 1975 (de Villiers 2005 p. 174). Son premier ouvrage, Derrière le rideau tunisien, imprimé en 1955, est une compilation d’articles initialement publiés par Paris-Presse (de Villiers 2005 p. 65-66).

Gérard de Villiers publie ensuite chez Plon un essai, Le visage, imprimé en 1962 (Cariguel 2014). Le visage ne restera pas dans les annales et sera retiré des listes « déjà parus » après juillet 1965. Gérard de Villiers ne le mentionne pas dans sa biographie, où il date son arrivée chez Plon par sa rencontre avec Philippe Daudy (de Villiers 2005 p. 124-128). Le livre n’a jamais été réimprimé à ce jour, même s’il en existe une édition numérique. Gérard de Villiers publie ensuite deux romans policiers dans la collection Nuits blanches de Philippe Daudy : La mort aux chats (numéro 24) et Les soucis de Si-Siou (numéro 37), tous les deux imprimés en 1963. En août 1964, Ian Fleming, fleuron de la collection Espionnage de Plon, décède. Gérard de Villiers est alors pressenti pour lancer une nouvelle série dans cette collection. Commandé par l’éditeur (Cariguel 2014), le premier SAS de la série est tiré à 20 000 exemplaires en janvier 1965 avec, comme pour tous les volumes de la collection, une couverture blanche illustrée d’un dessin au trait de Michel de Séréville. Trois autres titres sont imprimés dans le courant de l’année 1965 et la série SAS a rapidement du succès. SAS broie du noir est tiré à 50 000 exemplaires en 1967.

En 1967, Jean Frydman et Jacques Douce proposent à Plon des campagnes publicitaires sur Europe 1 en échange de royalties sur les ventes de livres. C’est la série SAS qui est choisie pour cette expérimentation. Dans la foulée, Guy Trillat crée la nouvelle maquette de couverture : une photo de femme avec une arme dans les lettres SAS sur un fond noir (de Villiers 2005 p. 160-163). Le rythme de quatre nouveaux livres par an se met en place. Les ventes décollent et les tirages grimpent : 100.000 pour Les pendus de Bagdad en 1969, 200.000 pour Le bal de la comtesse Adler en 1971, 400.000 pour Rendez-vous à Boris Gleb en 1974, 530.000 pour Shanghaï express en 1979. La période 1979-1986 constitue l’Age d’or de la série, avec des tirages entre 500 000 et 550 000, bien plus que les San Antonio à la même époque. Tous les titres sont constamment réimprimés, jusqu’à deux ou trois fois par an. Puis les tirages des éditions originales comme le rythme des réimpressions baissent progressivement. Escale à Gibraltar, dernier titre publié par Plon, est tiré à « seulement » 440 000 exemplaires.

Fin 1987, Gérard de Villiers quitte Plon et fonde avec Hachette les Editions Gérard de Villiers. Il crée les Editions Vaugirard aux Presses de la Cité et y réédite les titres du catalogue Plon jusqu’en 1996. Puis il récupère la totalité des droits du catalogue Plon et Vauvenargues (contrôlée par Gérard de Villiers) reprend les rééditions de ce catalogue Plon à partir de décembre 1996. Durant cette période, les tirages des éditions originales baissent un petit peu, même si les quatre titres de 1990 sont à nouveau tirés à 500 000 exemplaires (mais il faudra plusieurs années sans réimpression pour les écouler). Les titres de 1995-1997 ont des tirages entre 270 000 et 320 000 exemplaires.

Le contrat avec Hachette expire fin 1997 et La manipulation Yggdrasil est publié par Vauvenargues en janvier 1998. Gérard et Christine de Villiers fondent Malko productions en mars 1998. Malko productions publie alors les nouveaux SAS et les rééditions jusqu’à fin 2002, quand Malko productions devient les Editions Gérard de Villiers. Les éditions Gérard de Villiers finissent par récupérer les droits des livres Hachette et possèdent alors la totalité des titres. Les tirages continuent à baisser mais le dernier SAS est quand même tiré à 120 000 exemplaires (Franquebalme 2018 p. 314).

Après le décès de Gérard de Villiers, les couvertures noires sont abandonnées au profit de couvertures en couleur mais le principe du logo SAS avec une femme armée est conservé. Les nouvelles maquettes sont dues à Michel Allandrieu puis à la société 02Cmark.com.

Références

Gérard de Villiers, 2005 – Sabre au clair et pied au plancher. Fayard.

Olivier Cariguel, 2014 – La préhistoire de SAS et les débuts de Gérard de Villiers. Revue des Deux Mondes 2014-7/8: 90-97.

Benoît Franquebalme, 2018 – Gérard de Villiers, Son Altesse Sérénissime. Plon.